• Jessy Vignolle

À la découverte du chant

Dernière mise à jour : 5 juin

Je voulais commencer ce blog par un article retraçant mon parcours sur ma passion du chant et plus précisément ma passion pour la pédagogie du chant.


J’ai toujours chanté. Au malheur de beaucoup mais pour le plaisir de certains. Découvrir sa voix c’est vivre une multitude de petites étapes, s’imprégner d’expériences aussi géniales que foireuses et tendre vers la compréhension de notre geste vocal.


Ma curiosité pour cet art a toujours été. J’aurais pu être satisfaite de chanter dans un groupe, de composer mes propres mélodies et textes, de m’amuser sur scène et de faire ça « plutôt bien » mais si vivre cette pratique avec passion était une joie absolue, j’avais soif de théorie et de décorticage. La musicienne que je suis, voulait conquérir tous les horizons de la pratique de son instrument.



 

L’origine du virus


J’ai officiellement débuté autour de mes quatorze ans dans un groupe de metal progressif, un style de musique où les influences de tous les membres du groupe avaient plus ou moins sa place. Ma ligne directrice, c’était des mélodies rocks, accrocheuses mais aussi techniques et puissantes. J’empruntais des couleurs au jazz, à la soul, à la musique indienne, au metal et réussissais à trouver un résultat musical dans tout ça. Néanmoins, trouvant que je faisais ça « facilement » je me suis dit que soit, je ne le faisais pas correctement soit, il fallait que j’enclenche la vitesse supérieure pour évoluer.

Aussi, je me suis tournée vers le style de chant qui me paraissait le plus difficile du haut de mes quinze ans : le chant lyrique !


Objectif lunaire : chanter l’air de la Diva du 5ème élément (Lucia di Lammermoor de Donizetti), la reine de la nuit de Mozart et/ou les oiseaux dans la charmille d’Offenbach.

Manque de peau, le conservatoire ne voulait pas me prendre en cours avant mes seize ans. Ok... Je suis donc allée trouver un prof particulier en attendant l’âge fatidique.

Le chant lyrique


La musique classique m’a énormément apporté. Je n’y connaissais rien. J’avais commencé la guitare et le piano dans un école de jazz depuis mes dix ans auprès de Paul SIDAM (un maître de musique au grand coeur formé au Berklee College de Boston) mais le classique ne m’avait jamais attiré ni avait fait parti de mon environnement direct. Pourtant, je lui reconnaissais une grande technicité et une vraie profondeur artistique. J’ai donc abordé le chant lyrique de façon très scolaire, c’était la première fois que je mettais vraiment un cadre à la façon de pratiquer le chant.


Pour la première fois de ma vie, j’ai entendu parler de geste vocal, j’ai appris à regarder comment je chantais et non plus à écouter ce qu’il sortait de ma bouche. Bouleversement intégral, tremblement de terre dans mes certitudes d’adolescente : On chante parce qu’« on fait un truc » et non pas parce que « c’est beau dehors ».


Je vous épargne les années pour intégrer ça de façon consciente et inconsciente et tous les degrés de construction/déconstruction que ça implique. Une chose était sûre : si je ne savais pas vraiment si j’aimais le chant lyrique, j’adorais l’exploration vocale ! Très vite tout de même, j’ai goûté à la magie de ce registre, au surnaturel de ces pièces écrites il y a plusieurs siècles et qui émeuvent encore. Balaises les types.


Je tiens néanmoins à mentionner que je n’ai jamais laissé tomber le rock/metal malgré les demandes incessantes du milieu classique « pour protéger ma voix ». J’avais besoin de mon équilibre, de l’énergie vive de la musique live, des répètes à trop crier, de ce qui gardait ma passion en vie ! Certains professeurs ont même exigé que j’aille voir un phoniatre (spécialiste des cordes vocales) pour vérifier que je n’avais pas de déformation à cause de mes pratiques hérétiques. Mes cordes étaient parfaitement saines, 1 point pour Serpentard !

L’enseignement


Un bac scientifique en poche, j’ai d’abord voulu me tourner vers l’acoustique mais très vite la musique est revenue à moi comme matière fondamentale. Je me suis alors orientée en faculté de musicologie où j’ai été diplômée d’un Master 2 d’ingénierie artistique. J’y ai appris beaucoup de choses quant à l’administration culturelle, à la gestion de projet culturel, aux droits des artistes mais j’y ai aussi renforcé mon approche de la pédagogie, l’harmonie, le piano… (ciel que j’étais nulle sur ce clavier !).


Mon parcours artistique évoluait tranquillement en parallèle de tout ça. J’étais heureuse de mes productions, de mes concerts autant sur la scène metal que sur un plateau classique et petit à petit j’ai donné des conseils de technique vocale à des amies et puis et puis.. j’avais de plus en plus de demandes !

Mes classes de conservatoire n’étant pas abouties je ne me sentais pas légitime à l’enseignement officiel mais il était évident que mon coaching trouvait sa cible et stimulait mon engouement pour la recherche vocale.

Forte d’expérience pédagogique comme la technique Alexander, de masterclasses dédiées au chant et un suivi hebdomadaire avec de grandes pédagogues (Veronique LAGUERRE et Laura MARIN), j’ai construit ma méthodologie. Une approche singulière pour le chant dit « actuel », puis en travaillant profondément ma pratique, pour le chant saturé et lyrique. J’ai aussi puisé dans des ouvrages qui sont encore des références pour moi et dont je mettrai les liens à la fin.

Je n’ai jamais autant appris qu’en enseignant. Mon oreille a fait un incroyable bond et grâce à l’effet miroir je sentais ce que je faisais toujours plus précisément au travers des réflexes et instincts de mes élèves.

Aujourd’hui, après plus de quinze ans d’enseignement varié, je me sens très chanceuse d’avoir pu travailler avec autant de voix et de profils différents. J’ai cultivé les particularités techniques des esthétiques que j’enseigne. Pour certains, elles semblent opposées, contradictoires, pour moi elles sont complémentaires. Tout cela m’a aussi permis de travailler le lien à l’autre, le partage et la bienveillance. Une chose plus si évidente de nos jours...

Professeure ou artiste ?


Vous rencontrerez des gens parfois plus artiste que professeur de chant et inversement. J’ai trouvé quant à moi un véritable équilibre. J’accompagne des chanteurs pour renforcer et développer leur art, je les suis en studio, je les prépare pour les lives et je suis extrêmement comblée par mon métier. Mes propres expériences de scène et de studio nourrissent au quotidien ma passion et celle que je transmets.


Je suis une meilleure artiste parce que je me remets en question et travaille mon instrument quotidiennement et je suis une meilleure coach parce que je suis connectée au réel et au vivant de la musique. Aujourd’hui, je suis diplômée du conservatoire mais pour autant… Plus mon oreille progresse, plus j’entends le parcours que j’ai encore à entreprendre ! La malédiction des geeks de musique.



 


J’espère que cet article vous aura permis de mieux me connaître et je souhaite à l’avenir m’étendre sur des sujets tantôt techniques, tantôt personnels.

Au plaisir de vous lire et de partager autour du chant !


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#jessychrist #jessyartistelyrique

Références :

- Jacqueline Bonnardot, « Le professeur de chant, un luthier qui construit une voix. », éditions Van de Velde / Henry Lemoine

-Théodore Dimon, « Anatomie de la voix », éditions de l’Éveil.

-Dr Alfred Tomatis, « L’oreille et la voix », éditions Robert Laffont.


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